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Archive for the ‘La vie en Corée’ Category


   Quand j’ai mis pour la première fois les pieds à Busan, grande ville portuaire dans la région de Gyeongsangdo, je ne parlais pas encore coréen et ne pouvais donc pas différencier les accents. C’est, une fois de plus, à travers le cinéma que j’ai « évolué » : les acteurs de « 친구 » (« Chingu », trad : « Friends »), qui se déroule à Busan, m’ont immédiatement saisie par les tonalités avec lesquelles ils s’expriment. Il faut savoir que Busan est une grande ville de cinéma (nous en parlerons dans un futur article).  Si elle aurait Marseille pour « jumelle » française, elle a largement plus de… « gueule ». Evidemment, dans l’esprit des gens de la lointaine capitale (Seoul et Paris), une ville portuaire de province suscite toujours un certain dédain. Le cinéma permet de lui restituer sa grandeur, sa beauté, sa force. Et de propager son langage.

   사투리 (« saturi ») signifie « patois ». Le parler de Gyeongsangdo peut très vite devenir incompréhensible à l’oreille d’un Seoulite, ce qui en fait donc davantage un patois qu’un accent. Comme le Marseillais, c’est un franc-parler, qui fait plus de vagues dans la phrase (je ne suis pas linguiste, hein, je fais comme je peux pour expliquer), qui sonne plus exclamatif, plus dense, plus appuyé, plus traînant… et assez rauque, surtout lorsqu’il s’agit d’un film de gangsters.

(Merci à l’ami Busanais qui a montré ce film à la fan de saturi que je suis ^-^ Dans cet extrait le personnage principal, que l’on voit prendre le téléphone, a pris le numéro de l’ex de sa copine pour lui dire d’arrêter de harceler celle-ci. S’ensuit une conversation assez marrante entre les deux voix qui essaient de clamer leur virilité bien « busanienne »… Puis notre héros, qui se fait un peu dépasser par les événements, tombe par chance sur la sorte de « milice étudiante » de son lycée, dont il fait partie, pour lui venir en aide… C’est sans sous-titres, ça force à se concentrer sur l’accent ahaha)

   On remarque dans ce genre de films que la capacité à rendre sa voix rocailleuse va de paire avec la hiérarchie : le big boss ou le plus salopard est toujours celui qui « grince » le plus. Dès que deux voyoux Busanais se font face, l’affrontement est physiologique avant d’être physique : le torse est bombé, les poings crispés mais la tête nonchalante, basculée vers l’arrière pour jauger son adversaire, les yeux s’écarquillent et semble sortir de leurs orbites (sans rouler, la fixité est plus efficace), le ton monte et la voix… s’éraille. Mais cela dépend des personnes, bien sûr (déjà entre hommes et femmes, les accents varient).

   Le « saturi » fait également très souvent fi des honorifiques normalement utilisés en coréen. On utilisera généralement une sorte de tutoiement, même envers ses parents (ce qui est plutôt étonnant pour des Coréens).

   L’exemple le plus courant donné par mes amis pour me faire différencier le parler de Gyeongsangdo avec le parler de Gyeonggido (région de Seoul), c’était au sujet de la nourriture (ben voyons, on est en Corée…) : « Tu as mangé ? » se dit d’un ton très « gentil » à Seoul et plus « brusque » à Busan. La différence ne se joue pas seulement au vocabulaire (les gens de Gyeongsando utilisent un langage plus vulgaire), mais vraiment à l’intonation de la fin de la phrase.  C’est assez intraduisible et plus efficacement compréhensible à l’oral (mais qu’est-ce qui m’a pris d’écrire un article sur le saturi..? -_-).

Je vous conseille de voir ces quelques autres films afin de vous faire l’oreille :

  

(Ci-dessus : « Friends », « Love », « Haewoondae »)

   Beaucoup trouvent des similitudes de ton dans le saturi de Gyeongsangdo et le japonais. C’est pertinent vu les aléas de l’Histoire, la proximité géographique et les échanges réguliers entre le port de Busan avec ceux du Japon.

   Il ne vous reste plus qu’à aller à Busan, ou à chercher des amis Busanais. Ils seront heureux de voir que vous vous y connaissez un peu, et que vous les priez de vous parler dans leur patois natal (alors que celui-ci peut amener les gens à se moquer d’eux, comme quand un Marseillais débarque à Paris quoi…)

   J’ai entendu souvent des hommes de Seoul se sentir en rivalité avec des Busanais. Mais ils apprécient les Busanaises, dont l’accent est (je cite) « mignon ».

   L’homme de Gyeongsangdo (enquête réalisée auprès d’amies Coréennes et expérimentée moi-même sur le terrain…) est essentiellement macho, certes, mais drôle. Sa voix grave dégage quelque chose de très sexy. Il se moque un peu de sa copine, mais il est très protecteur. Il préfère les actes que la parole. Il est bronzé (bah ouais, ça compte !) et il sait nager (contrairement aux gens des autres villes qui, bien souvent, ne se baignent qu’avec des bouées, nous en reparlerons). Puisque son père l’a sûrement emmené régulièrement à la pêche depuis son enfance, il peut toujours attraper du poisson pour faire vivre votre foyer en temps de crise. Par contre il risquera d’aller se saoûler la gueule (comme tout Coréen qui se respecte, de toute façon) avec ses petits copains et de vous rabrouer sévèrement si vous essayez de l’en empêcher… mais « this is the game », comme dirait l’autre. Parce que d’un autre côté, si votre Busanais est célèbre dans les bars et les restaus, vous mangez gratuitement quand vous l’accompagnez… ^^ Après, je ne sais pas ce que ça vaut après le mariage, je n’ai pas (encore) essayé.

Le petit truc en plus : si vous combinez « oppa » et « saturi », c’est vraiment cool. Laissez agir le charme solaire, naturel, fou, dynamique, d’un Oppa de Gyeongsangdo en chair et en os ^_^

PS : les accents des autres régions sont sûrement très intéressants aussi… Je marque juste ici mon coup de coeur pour Gyeongsangdo.

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« 오빠 » (« oppa ») = « grand frère », d’un point de vue féminin

L’un des premiers mots que les étrangers retiennent, il surgit soit au chapitre « relations familiales » du livre de coréen, soit (et plus couramment) dès le premier épisode d’un drama. Il est facile à prononcer, même si certains le confondent avec « 아빠 » (« appa » ; « papa », notez la ressemblance phonétique, c’est quand même fou !). Et puis il est fun à entendre : les Coréennes l’enveloppent souvent d’une moue boudeuse et d’une voix haut perchée. Pour un étranger quel qu’il soit, c’est toujours un spectacle attendrissant. « Oppa » peut sembler anodin mais on devine rapidement qu’il ne s’agit pas d’un simple mot…

Car en effet, en effet ! « Oppa », c’est… tout un dispositif, disons. Lorsqu’il est utilisé entre personnes de la même famille, il tient de l’évidence et ne signifie rien d’autre. Autrement, il prend des sens multiples. Il serait grossier pour des Coréens de s’appeler par leur nom et prénom si l’on n’est pas très proche et si, surtout, l’on n’a pas le même âge (même un an, même un mois d’écart). On s’appelle par les fonctions que l’on occupe, professionnelle (« professeur », « patron d’entreprise », « patron de restaurant »…) ou bien alors par rapport à d’autres personnes (des femmes mariées se font appeler « épouse d’Untel » ou « maman d’Untel »…). « Oppa » suit le nom-prénom d’un garçon plus âgé d’une fille qui veut l’appeler ou parler de lui. S’ils ne sont que tous les deux, elle peut l’appeler simplement « oppa », il saura que c’est de lui dont elle parle. D’ailleurs, le garçon lui-même peut souvent inciter la fille à l’appeler de la sorte, ce qui donnera des phrases étranges et intéressantes dans lesquelles il ne parlera pas de lui à la première personne (« 나 » ; « je ») mais par « oppa » : « Ne t’inquiète pas, oppa fera ça pour toi », « Essaie de croire oppa », « Tu veux manger une glace avec oppa ? »… Et généralement, il accompagnera une telle phrase d’un ton à la fois doux et sévère, qui donne l’impression, d’un point de vue extérieur occidental, d’infantiliser quelque peu la demoiselle.

Afin d’en expliquer les rouages et les subtilités de l' »oppa-attitude », rien de tel que des exemples personnels. Et les voici :

Exemple n°1. La première fois que j’ai vraiment pris conscience du terme « oppa », c’était en 2009, au début d’un séjour de 3 mois en Corée. Vers 6h du mat’, j’allais faire du kendo (oui, c’est japonais, mais les Coréens en font aussi, on en reparlera) dans un espace très propre (pas un gymnase dégueu comme j’en avais l’habitude en France, non, un beau vrai dojo luisant et tout). Ne venaient à cette heure-là que des hommes de la trentaine-quarantaine (sauf un petit lycéen égaré) avant leur journée de travail. Dans leur cercle viril, ils se sentaient beaucoup moins intimidés que d’habitude et me parlaient ouvertement (toujours sauf le petit lycéen, qui lui ne savait pas où se mettre). C’est là que tout d’un coup, l’un d’eux a frappé plusieurs fois sur sa poitrine en répétant « oppa » avec un sourire narquois. Et les autres se sont mis à renchérir avec enthousiasme : « call me oppa ! », « me too, oppa ! ». Moi, j’ai rigolé un peu innocemment, ignorant encore que cette bribe de danse nuptiale groupée venait de me baptiser à mon insu par ce que j’ai appelé plus tard le Culte Suprême du Oppa. Ce groupe entièrement masculin trouvait sans doute rafraîchissant que la seule fille se mette à les appeler « oppa », puisqu’eux ne le peuvent pas (ils utilisent « 형 », « hyeong » = « grand frère » d’un point de vue masculin). Et encore plus exotique si c’est une étrangère qui s’y colle…

Exemple n°2. C’était en 2007, lors de mon premier voyage. Appelons-le « J » (non parce qu’il pourrait se reconnaître -il lui faudrait d’abord apprendre le français et tomber sur ce blog- mais parce que les prénoms figent trop une personne et que celle que j’évoque ici peut se retrouver un peu partout parmi les Coréens…). J était donc un jeune homme coréen typique, jamais sorti de son pays, parlant mal l’anglais mais faisant beaucoup d’efforts. Il étudiait à l’université, ce qui me semblait bien lointain vu que j’étais encore au lycée à cette époque. Comme je noyais une certaine tristesse dans l’alcool, tout le monde a vivement poussé J vers moi, l’encourageant à me consoler. Extrêmement intimidé, J n’a pas bronché pendant la soirée, puis s’est soudain levé en annonçant qu’il rentrait chez lui. Un peu déçue, j’ai continué de boire en ruminant des généralités bien dénigrantes sur la gent masculine. Quelle ne fut pas ma surprise de voir revenir J en courant, essoufflé, droit vers moi. Il m’a tendu une canette de jus bien fraîche, qu’il avait dû acheter dans un combini du coin, et l’a posée contre ma joue chauffée par l’ivresse. Il ne m’a rien dit de plus et, comme ça, me laissant ma canette dans les mains, est reparti aussi vite attraper son dernier métro. Je n’avais encore jamais vu un garçon consoler d’une façon aussi… adorable ? Et surtout efficace. À l’époque je croyais qu’il ne s’agissait que de lui, mais plus tard j’ai compris que c’est comme ça qu’un Coréen fait son « oppa » : même sans qu’on lui demande, même sans particulièrement chercher à flirter, le garçon se met à chercher des moyens simples et directs (en général, ça passe par la nourriture) pour que la fille aille mieux. En France, un homme a plutôt tendance à essayer de faire rire une fille en faisant le con. Mais souvent, c’est parce qu’il est attiré par elle, ou bien qu’elle est déjà son amie depuis quelques temps (ou bien il fait juste son show pour se valoriser lol). Un Coréen qui se voit présenter une fille plus jeune que lui (et surtout si les personnes qui la lui présentent sont plus âgées que lui-même), se voit incomber la tâche de prendre un peu soin d’elle. C’est un accord tacite qui se joue-là, qu’il faut savoir déceler si l’on veut mieux comprendre les Coréens et la société coréenne.

Exemple n°3. Toujours en 2007. Je sortais avec N, un musicien rencontré dans le parc de Hongdae. C’était le plus âgé du petit groupe et il en était le leader. Malgré notre difficulté à communiquer, malgré mon départ proche, nous sommes devenus un « couple ». Alors que je pensais que cela ne concernerait que nous deux, voilà que tous les autres de la bande se sont empressés d’être aux petits soins avec moi : si je soupirais que j’avais faim, N les envoyait m’acheter à manger, et ils revenaient avec plusieurs trucs différents pour être sûrs que quelque chose me plaise… Quand on se baladait, ils marchaient tous autour de moi comme des gardes du corps, et me raccompagnaient à ma guest house tard dans la nuit, me répétant qu’il pourrait y avoir des pervers et que je devais faire attention… En devenant la petite amie de N, j’avais l’impression d’avoir d’un seul coup 5 grands frères ! Si j’avais eu quelques notions de coréen à ce moment-là, je leur aurais montré ma reconnaissance (et les aurais conforté dans leur attitude) en les appelant « oppa ». Pour eux, se montrer protecteurs et attentionnés envers la petite amie de leur « hyeong » était tout à fait normal, vu le respect qu’ils vouaient à ce dernier. Pour moi c’était bizarre… mais, avouons-le, aussi très agréable !

Exemple n°4. L’été dernier, 2011, j’ai rencontré M, un beau grand Coréen que tout le monde prend pour un acteur et qui a l’air d’avoir 25 ans alors qu’il n’en a que 19 (d’habitude c’est l’inverse, les Coréens font plus jeunes que leur âge…). M a vécu longtemps en Allemagne, parle anglais comme un Américain et adore fréquenter des étrangers. Absolument pas timide et sûr de son succès, il drague sans subtilité aucune… Bref, tout ça a fait des étincelles entre nous (mais c’est une autre histoire). Parce que justement, alors que je parlais coréen, que je connaissais mieux la société, que j’étais habituée aux différents niveaux de langage, j’étais vraiment perturbée par ce Coréen plus très « coréen » et ne savais pas comment le cerner. C’est alors que lui aussi m’a balancé, tout frétillant « Call me oppa ! ». Prenant cela comme de la provocation de la part du petit merdeux qu’il est (aha, je règle mes comptes sur mon blog, c’est pas bien), je lui ai rétorqué qu’il était plus jeune que moi et que je n’avais aucune raison de l’appeler comme ça, que d’ailleurs c’était à lui de m’appeler « 누나 » (« noona », « grande soeur ») vu que j’avais 3 ans de plus que lui. Suite à quoi il m’a ri au nez et, bombant le torse, se penchant vers moi du haut de sa taille de mannequin (tsss), m’a répété « You have to call me oppa, I’m your lover ». Il n’en démordait pas. Le terme « oppa » pouvant donc aussi s’utiliser, tout simplement, par une fille envers son petit ami. J’avais déjà remarqué dans les films que l’on traduisait « oppa » par « honey » ou « chéri », mais je pensais que ça impliquait encore l’âge ou le statut. Dans ma relation avec M, j’avais beau m’en défendre, il voulait exercer sur moi un charme de mâle dominant, et souhaitait donc que le terme « oppa » confirme sa victoire. Si dans cette situation je l’accepte comme « oppa », c’est que je me mets sous « sa protection », que je le considère comme mon petit ami.

Exemple n°5. Dans le film « 조폭 마누라 », (« joppok manoola », « My wife is a gangster ») une parodie de la mafia coréenne (nous y reviendrons), j’avais été frappée par une scène où une hôtesse de bar enseigne à une femme garçon manqué  à séduire les hommes. Prenant des poses lascives, la bouche en coeur, elle susurre « oppaaaaa »… ce qui fait frémir de plaisir les intéressés autour d’elles. Ici, « oppa » renvoie directement au sexe : la position de la femme qui s’offre, s’abandonne à un homme, avec confiance et soumission. D’où la traduction de « oppa » en « honey », « chéri » dans les sous-titres. Dans tous les films montrant des voyous et gangsters coréens, leurs hôtesses/entraîneuses/prostituées les appellent toujours « oppa », même s’ils sont beaucoup plus jeunes qu’elles. Ici le terme implique carrément un rapport de force, et de genre, et de statut. Ces femmes sont leurs « choses ». Leur corps n’est fait que pour le plaisir des hommes, leurs maquereaux comme leurs clients (qu’elles racolent par de vifs « oppa » très suggestifs).

(Ci-dessous l’extrait en question de « My wife is a gangster »)

Savoir manier le « oppa » n’est pas une mince affaire, surtout pour une fille élevée à la française avec des notions d’égalité entre les sexes, et une tendance (comme moi) à ne pas essayer de soutirer des choses aux hommes. Dans mes relations amoureuses avec des Coréens, j’en ai vexé plus d’un en refusant qu’ils me portent mon sac ou qu’ils payent systématiquement le repas. En voyant des Coréennes se comporter parfois comme des petites princesses m’agaçait, tout comme j’avais ensuite envie de frapper le type qui, après avoir acheté tout ce qu’elle voulait à la fille, l’entraîne dans un hôtel en considérant que ça y est, quelque chose lui est dû en retour. Donc, pour ma part, je suis peu démonstrative en matière de « oppa » et me méfie de ceux qui le réclament comme un bonbon vital. Cependant, j’ai appris, avec le temps, à me montrer moins rigide et agrippée à mes convictions. Faire perdre la face à son petit ami juste pour avoir essayé de payer à sa place au resto est dommage, surtout quand on commence à comprendre la mentalité coréenne et que l’on souhaite la respecter. Parfois il faut savoir mettre son orgueil d’occidentale de côté et… se laisser entretenir inviter par de gentils oppa ^^

(Oui, une femme peut encore appeler son mari « oppa » même après des années de vie commune…)

J’espère, avec ces quelques exemples (j’en ai encore beaucoup d’autres) avoir pu expliciter un peu le terme banal, ambigu, familial et familier, à la fois bénéfique et malsain, de « oppa ». J’ai vu dans un autre film (mais, honte à moi, je ne me souviens plus du titre !) deux lycéennes discuter : la première a vu la seconde se chamailler avec un homme et demande de qui il s’agit ; la seconde répond « 그냥 오빠 이야 » (« keunyang oppa iya » ; « c’est rien, juste un oppa ») et la première lui rétorque avec un sourire narquois « C’est ce qu’elles disent toutes… ».

(Credits des illustrations ICI)

GRÂCE À LA POSITION DU « OPPA », L’HOMME PEUT ENFIN DEVENIR MULTI- FONCTIONNEL ! AHAHA

(Petit conseil aux hommes : savourez quand une fille vous appelle « oppa » mais évitez de vous faire avoir ^^)

Une chanson que j’adore et qui donne une petite idée de ce qu’est un « oppa » (bon, c’est du trott, hein) : « 오빠 그런 사람 아니다 » (« Oppa n’est pas ce genre d’homme ») by DJ DOC

En gros, un homme qui essaie de rassurer une fille pendant la soirée en lui disant qu’elle peut boire, s’amuser, qu’elle ne doit pas s’inquiéter, qu’il ne boira pas et la ramènera chez elle sans faute, qu’elle doit le croire, il lui promet qu' »oppa n’est pas ce genre d’homme ». De la part d’un autre je me méfierais, mais venant d’un Coréen… c’est mignon, non ?

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Voilà longtemps que je n’ai pas posté sur ce blog…

Je ne vais pas donner l’excuse bidon des exams, des courts métrages à tourner/monter, des soucis administratifs divers, du job à temps partiel, du réseau social à entretenir…

Non, ce qui compte vraiment c’est mon 4e voyage en Corée, en juin dernier. Ci-dessus, la preuve que j’étais bien occupée :  pyramide 소주 (soju, alcool de riz)-맥주 (bière), pour un mélange frétillant et une soirée arrosée comme il faut. Le but est de regarder béatement les deux bouteilles l’une sur l’autre, aquarium improvisé qui se mixe leeeentement.

 

Mon alcool préféré, à moi, (et aussi celui des personnes âgées…) c’est le 막걸리 (magkeolli, alcool de riz de couleur blanche et non transparent comme le soju).

3 bonnes raisons d’aimer le magkeolli :

– pour la sonorité de son nom, qui rebondit et colle

– parce qu’il ressemble à du lait, ce qui donne l’impression de rester sage

– parce que, par lui, vous recevez l’admiration des Coréens qui, en plus de s’étonner de votre connaissance étendue de leur culture, vous demanderont si le magkeolli ne vous donne pas mal à la tête…

Même en métissant vos alcools, vous ne roulerez pas sous la table si, comme moi, vous vous jetez sur les plats obligatoirement commandés avec… qui vont de simples chips à de véritables plats de viandes (vous êtes censés avoir dîné avant, bien sûr).

Le plat qui accompagne généralement le magkeolli, c’est le 파전 (pahjeon) : aliments frits, parfois en solo, parfois sous forme d’omelette. Ça va de la patate douce au piment entier… attention à ce que vous croquez, dégarnissez un peu pour vérifier (ou partez à l’aventure si ça vous amuse).

Le pahjeon a cela de bon qu’il est… bon au goût, et surtout éponge à alcool efficace !

En Corée, vous n’êtes pas obligé de passer pour un rabat-joie si vous voulez éviter de vous saouler : passez au contraire pour un bon vivant, MANGEZ plus, et tout ira bien !

 

Cuisson du pahjeon :

Un petit jeu de beuverie (pour décliner toute responsabilité…) : 
1) Prenez une bouteille de soju, retirez le bouchon en prenant soin à ne pas arracher ou casser le bidule en métal qui dépasse ;
2) Tortillez tout aussi soigneusement ce même bidule en métal, tordez-le à la racine mais pas trop ;
3) Tenez le bouchon et, d’une pichenette précise, frappez le bidule en métal tortillé qui dépasse ; attention, un seul coup par personne !
4) Faites le tour de la table jusqu’à ce que quelqu’un casse le bidule en métal tortillé ; celui-là a le droit de faire boire la personne de son choix (ou ses deux voisins, dans d’autres versions) !

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Martine Prost est docteur en linguistique, maître de conférence à l’UFR langues et civilisations orientales de l’université Paris-Diderot et directrice de l’Institut d’études coréennes au Collège de France (source : le dos du livre).

Voilà typiquement le genre de livre qui me fait penser être « née trop tard ». Pas pour le lire, non, ça je suis pile au bon moment… Mais pour l’écrire.

Loin d’un style didactique, Martine Prost y décrit finement et simplement son expérience de la Corée depuis 1976. Chaque chapitre explore un thème, sous la forme d’une rêverie plus que d’un récit logique. Cela évoque le carnet de voyage que l’on a ouvert après longtemps et dont on polit les phrases pour le faire partager à d’autres, tout en gardant une authenticité de « pris sur le vif ».

Grâce à cet ouvrage, qui brasse beaucoup de choses sans se réfugier dans les clichés ni se résumer à un regard français sur la Corée, on (re)découvre  tous les petits détails touchants qui font la grandeur de ce pays.

Moi qui suis tombée dans la Corée par hasard, sans avoir jamais eu de cours de civilisation, j’ai pu, à travers ce livre, en apprendre plus sur ce que j’ai vécu et observé en direct là-bas. Entre autres les origines des comportements, parfois lunatiques, des Coréens, aussi généreux que parfois renfermés sur eux-mêmes.

J’ai été particulièrement sensible à la description d’une 구렛나루 (« goolaenalu », « favori » ou « patte », mèche plaquée sur la tempe, à la mode masculine en Corée ces temps-ci). Mon obsession des 구렛나루 depuis la première fois que j’en ai vues s’est beaucoup amusée de la comparaison, dans ce livre, avec « un delta »

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C’est ce qu’affichait le panneau de ce bar lesbien de 홍대 (Hongdae, le quartier branché/jeune/dynamique/créatif… dont nous reparlerons absolument). Panneau visible depuis la rue, mais relativement discret en raison de sa hauteur. Malgré le trafic, les gens ne sont pas spécialement observateurs (à moins qu’ils n’essaient de se voiler la face). Bref, de toute façon le panneau n’est que mots.

À l’intérieur du bar, les images osent. Les portes de l’ascenseur vous menacent d’entrer vite.

Le comptoir à droite de la photo, les canapés à gauche, la piste de danse au fond, et l’étage… eh bien, à l’étage. En regardant plus attentivement, je remarque un « couple T-shirt » orange que je n’avais pas remarqué plus tôt… ^^ C’est trop chou.

Se dire qu’on est dans un espace « ladies only » et voir une  quantité de silhouettes masculines peut rendre perplexe.  Mais les Asiatiques peuvent se permettre de jouer à l’extrême  avec l’androgynie. Ça leur va si bien, d’ailleurs.

Le mélange des genres. Chemisier décolleté et petite coupe à la garçonne… Adorable.

Préférant éviter de mitrailler comme une touriste de base (auquel mon physique d’étrangère m’associe irrémédiablement) j’ai malheureusement peu de photos du lieu.

Les Coréennes se tiennent souvent par la main dans la rue, ce qui peut prêter à confusion (comme le fait que les Coréens portent, en été, des vêtements moulants et de couleur vive). Et le sujet de l’homosexualité reste encore très tabou. En sortant du du bar en question, pourtant, j’ai assisté à une querelle d’amoureuses éméchées bien retentissante, qui a beaucoup intrigué les passants…

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On pense au kitsch chinois, vietnamien… mais la culture coréenne n’est pas en reste et mérite d’être davantage montrée.

Credits ci-dessus : photo-peinture extraite des oeuvres du couple d’artistes « Pierre et Gilles » (recueil « Corps Divins », édition Chêne 2006, p. 171). J’adore le travail de « Pierre et Gilles ». Quelle agréable surprise que de constater qu’ils ont pris pour sujet un couple traditionnel coréen !

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Petit parcours (non exhaustif) à travers différentes facettes du « kitsch » à la coréenne, c’est parti !

  • Lieux divers ; dans l’ordre : 1) déco de restaurant à Seoul 2) célèbre karaoké de Hongdae, à Seoul 3) morceau de toiture du Palais Gyeongbok, à Seoul 4) entrée d’une boîte de nuit à Busan 5) rue nocturne à Jejudo 6) Lotte World, parc d’attraction à Seoul 7) bateau-pirate du fleuve Han à Seoul HUIT) spectacle à Lotte World, Seoul 9) sculpture dans les escaliers d’un bâtiment d’Insa-dong à Seoul 10) « racoleur » pour un magasin de Myeong-dong, Seoul 11) voiture customizée à Hongdae, Seoul 12) café « romantique » de Hongdae, Seoul.

  

 

     

  • « 사진 스티커 », ou « photo stickers », l’équivalent des « purikura » du Japon

  

  • Le « star system » qui fait des célébrités de véritables égéries polyvalentes à tous niveaux et pour toutes sortes de produits (des vêtements aux crèmes pour la peau en passant par la marque d’un nouveau poulet frit !) ; panneaux, affiches, pancartes, personnages de cartons, bouteilles d’alcool, jus de fruit, paquets de chips… ces figures vous sourient, envers et contre tout.

 

  • Les vêtements : merveilleux pays où les hommes portent des T-shirt de couleur, sans être forcément gays… du jaune canari au rose bonbon, y en a pour tous les goûts !

 

 

Mais le « couple T-shirt » ou encore « family T-shirt », qui est l’argument de vente supplémentaire des magasins, sont le top du top… Ont-ils vraiment peur de se perdre, veulent-ils afficher leur relation à ce point (pour les couples, c’est peut être le remplaçant subtil au baiser fougueux ou roulage de pelle à la française)..?

  • La nourriture : c’est carnaval !

  <== Credits : feyana

BOB L’ÉPONGE, qu’est-ce que tu fous là ? O_o

  • Les trucs mignons et futiles : alors là, ça foisonne tellement que même une encyclopédie ne suffirait pas… contentons-nous du style « peluche » pour avoir un petit échantillon ^^’

 

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[J’ajouterai des exemples ultérieurement… mais sinon, je n’ai qu’une chose à vous dire pour vous faire comprendre profondément le kitsch à la coréenne : VENEZ EN CORÉE !]

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À l’approche de l’été, vous verrez surgir ce genre de panneaux :

Il s’agit du bingsoo (빙수), basiquement composé de glace pilée, de lait ou/et lait concentré, de haricots rouges sucrés et de teok (덕, ce sont des morceaux de pâte de riz sucrée et moelleuse, très répandus dans la cuisine coréenne).

Voici les principaux bingsoo, que vous trouverez en vente n’importe où en Corée (de la chaîne de  boulangerie « Paris Baguette » au fast food « KFC ») :

– pat bingsoo (팥빙수), bingsoo aux haricots rouges et aux fruits, que l’on peut confondre avec le kwa-il bingsoo

– kwa-il bingsoo (과일 빙수), bingsoo aux fruits et jus de fruits, ne contient pas de haricots rouges ; ressemble au pat bingsoo mais sans les haricots rouges (si vous n’aimez pas les haricots rouges, veillez à bien vérifier qu’on vous donne un kwa-il bingsoo sans car même les Coréens mélangent souvent les deux versions)

– nok-tcha bingsoo (녹차빙수), MON PRÉFÉRÉ ❤ bingsoo au thé vert…

– coffee bingsoo (커피빙수), bingsoo au café

La taille, la texture, le goût des bingsoo varient selon les établissements dans lesquels vous les commandez. De même pour les petits assortiments (boules de glace, Chantilly, noisettes, amandes, noix, biscuits, fruits, céréales, sauce chocolat, sirop, coulis, etc) qui peuvent être ajoutés.

Les prix aussi sont différents : un bingsoo du quartier touristique et chic de Seoul (서울), Insa-dong (인사동), pourra vous coûter 10 000 won tandis qu’un bingsoo de rue de Busan (부산) fera 2 000 won.

Ci-contre fabrication et vente de bingsoo en  pleine rue ; vous trouverez ces échoppes à la  suite les unes des autres dans les rues de  Busan (부산), sans que la concurrence ne  dérange. Les parasols, les chaises en  plastique, les boîtes de fruits en conserve…

… et l’interpellation joyeuses des vendeuses  vous y attirent. Elles le préparent sous vos  yeux, et vous servent une deuxième (voire  troisième) tournée gratuite si vous le demandez avec  un grand sourire en disant « mashisseoyo »  (맛있어요), « c’est bon ».

Le bingsoo y est très peu cher, mais vous  n’avez pas le choix, ce sera glace pilée,  haricots rouges et fruits de conserve ! Pas idéal si vous avez très  faim, mais… la glace est si bien pilée,  et vous pouvez  même discuter avec de parfaits inconnus,  assis sur vos chaises en plastique, dans la  rue busanaise étouffante de chaleur ! ^^

Si vous commandez un bingsoo dans un fast food, il y a de fortes  chances pour que vous vous retrouviez avec une crotte de crème glacée  style Mc Flurry, fondant misérablement sur vos fruits minuscules…

Pas le meilleur des bingsoo, mais pratique à essayer  en sortant de  boîte de  nuit, affamé et se ruant au fast food avec ses potes pour cuver en  attendant  le premier métro… ^^

Dans une sandwicherie du quartier de  Hongdae, à Seoul, le style est encore très  américanisé, avec ces corn flakes et cette  sauce ultra chocolatée qui accompagnent  tous les bingsoo. Pas mal, un peu croquant  et très sucré.

Si vous voulez éviter les calories tout en  ayant l’impression de manger beaucoup,  commandez un bingsoo à « Paris Croissant »  (même chaîne que « Paris Baguette » mais en  un peu plus raffiné) : servi dans d’énormes  coupelles qui font presque une tête  humaine  (!), ces bingsoo ne contiennent ni crème  glacée, ni lait, ni lait concentré. Que de la  neige… mais quelle neige ! Un vrai délice  rafraîchissant, léger et subtil.

Ci-dessus, bingsoo au thé vert et bingsoo au café.

À « Paris Baguette », les bingsoo sont  équilibrés entre légèreté, crémeux, sucré-  mais-pas-écoeurant. Possibilité de vente à  emporter,  mais je vous le déconseille en  plein mois  d’août, à moins que votre guest  house ne  soit juste en face… ^^

Ci-dessus, bingsoo au  thé vert et 2 bingsoo  aux fruits

Sur l’île de Jeju, au sud de la Corée, j’ai  goûté à un bingsoo absolument infâme,  bourré de pâtes de fruit (déjà que je n’aime  pas les pâtes de fruit, mais là c’était  vraiment  trop écoeurant, en plus vu la  profusion, ça  ressemblait plutôt à de la pâte  de fruit aux  glaçons ^^’).

Vous aussi, faites votre bingsoo !

Si vous êtes en Corée, vous n’aurez pas de mal à trouver les ingrédients. En revanche, en France, précipitez-vous dans une épicerie coréenne (si vous en avez dans votre ville… à Paris, on est comblés ^^).

La base du bingsoo étant la texture de la glace, il vous faudra une machine qui puisse la broyer en fine neige, ce sera meilleur. Pour ma part, j’ai acheté ma machine en Corée, dans une banale grande surface (elle ne valait quasiment rien et était entourée de tous les ingrédients qu’il fallait).

Amatrice des bingsoo et fanatique du thé vert, c’est par grosse quantités que j’ai acheté la noktcha garu, (녹차 가루) poudre de thé vert (ou « macha », c’est le nom japonais). Comme il n’y a pas, à mon grand dépit, de crème glacée au thé vert en France, je mélange glace vanille à poudre de thé vert, et n’oublie pas de saupoudrer à la fin, pour donner une petite saveur amère au milieu de tout ce sucre.


Et maintenant, soyons fous…

Le bingsoo de mon futur mariage !!! >_<

Hem… je blague, il a plutôt l’air d’une créature  démoniaque issue du  monde de Miyazaki… pas très  ragoûtant… mais admirons l’audace !

J’ai trouvé l’image sur Internet… si ce bingsoo existe, je  veux le voir en vrai ! Je veeeeuuux un bingsoo au thé vert en  forme de cascade !

Et une version bingsoo bibimbab..?

Avec… avec du maïs ?! O_o

Argh…

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